Pop en Stock 241 Johnny Dowd

Fév 27, 2016 | Pop En Stock

Le 27 octobre 2013 décédait une des plus grandes légendes du Rock n roll Lou Reed qui sans avoir presque jamais expérimenté un succès commercial déferlant a durablement marqué des générations de rockers à travers les chansons noires et percutantes de son premier groupe « the Velvet underground » ou d’albums solo comme Berlin, transformer, coney Island Baby ou Sally Can’t Dance. A l’époque, plusieurs personnes me demandèrent pourquoi je ne proposais pas une émission rétrospective en hommage à cette pointure du rock. Et en fait la réponse la réponse est simple, Lou Reed appartenait déjà au passé et je ne voyais pas en quoi je pouvais rajouter quelque chose aux innombrables couronnes de laurier tissées de ci de là dans les médias. Je préfères nettement mettre en avant des artistes actuels qui en ont besoin plutôt que de déifier encore et encore une vieille gloire dont les derniers instants de fulgurante créativité date des années 70. Ainsi il me paraît plus sensé de faire un hommage à un semi inconnu comme Johnny Dowd qui pourtant arpente les mêmes sentiers de perdition que Lou Reed, avec une parenté évidente dans l’intonation de la voix et l’esprit indompté avec lequel il aborde la musique.. oubliez Lou Reed, écoutez Johnny Dowd, c’est maintenant que ca se passe . Et on pourrait commencer avec Fireworks Factory suivi de God’s Back Pocket , extrait de Chainsaw Of Life (2006) dans lequel le cousinage de style et d’inspiration (morbide) avec Lou Reed est évident.

 

Playlist : Johnny Dowd en 8 chansons

 

Fireworks Factory, Hellwood – Chainsaw Of Life (2006)
God’s Back Pocket, Hellwood – Chainsaw Of Life (2006)
Howlin’ Wolf Blues, Wake Up The Snakes (2010)
Final encore, Cruel words (2006)
Jingle bells, The Pawnbroker’s Wife (2002)
Danger / Blind Painter Paints Black, A Drunkard’s Masterpiece (2008)
Christmas Is Just Another Day, Cemetary Shoes (2004)
Nancy, No Regrets (2012)

 

Certes, faire un tableau représentatif d’un musicien aussi protéiforme et inclassable que Johnny Dowd en 7 chansons est mission impossible, comment rendre compte du no man’s land psychédélique dans lequel il gravite :est-ce du rock, du folk, du reggae, du blues, du rap, de la new-wave, un peu tout ça à la fois ? Classé comme un représentant du courant country alternatif, il déborde naturellement de ce style bien trop étriqué pour lui. Par ex dans Howlin’ Wolf Blues de Wake Up The Snakes (2010), il fait plutôt penser à un bluesman tenté par l’electro
 
Johnny Dowd est sorti du bois tardivement puisqu’il a sorti son premier album en 1998, à près de 50 ans. Eh oui il a travaillé comme presque tout le monde et puis il en a eu marre Et depuis, il a fait son trou dans les marges, comme évadé d’un vieux David Lynch en pondant une discographie en noir et blanc contrasté, tendue et malsaine, mais toujours accrocheuse avec des morceaux comme Final encore extrait de Cruel words (2006)

 
Bizarrement, une des idoles de ce bluesman et poète texan a la voix rocailleuse et moqueuse étant James Brown, il aurait pu revisité le funk de la grande époque mais on peut se demander ce que ses ovnis musicaux auraient donner à la sauce Motown. Allez, faites un petit effort et imaginez Jingle bells de The Pawnbroker’s Wife (2002) puis Danger / Blind Painter Paints Black, de A Drunkard’s Masterpiece (2008) façon groovemakers, étrange non ?
C’était Jingle bells puis Danger / Blind Painter Paints Black, à propos de ce dernier titre, Johnny Dowd montre une facette de ses talents qui consiste à savoir bien s’entourer en invitant une chanteuse, pratique qui revient régulièrement dans ses productions,. D’ailleurs, L’âge venant,dans son dixième disque de 2012 No regret,, Johnny Dowd devient romantique et le consacre s à ses ex-copines. Elles s’appelaient Betty, Linda, Candy, Juanita, Sherry, Nancy… Chacune donne son prénom à une chanson et je ne sais pas si ce sont ses ex qui on été invitées à chanter mais en tout cas JD se sort souvent brillamment de cet exercice souvent compassé. On écoute Nancy de No Regrets (2012) qu’il chante d’ailleurs seul
Plutôt comparé par les critiques musicaux à des musiciens comme Tom Waits, Nick Cave ou Captain Beefheart, Johnny Dowd vaque son bonhomme de chemin imperméable aux effets de mode, semant humour noir et gore entre les lignes de ses chansons d’inspiration gothique. Et ca donne des perles comme Christmas Is Just Another Day de Cemetary Shoes (2004) avec lequel on terminera l’émission.