« Temps Suspendus » : Une exposition de Yann Le Crouhennec à la Médiathèque de Die

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Yann Le Crouhennec est un artiste contemporain installé depuis un bout de temps dans le Diois qui montre une partie de ses créations  réunis sous l’intitulé « temps Suspendus »  à la médiathèque départementale Diois Vercors du 7 au 28 décembre. Yann Le Crouhennec propose une réflexion sur le support à partir de vynils peints, livres triturés et cassettes audio dévidées. Si vous voulez savoir ce qui se cache derrière ces propositions audacieuses, écoutez Yann s’exprimer sur ses intentions et son art……

Date : 10.12.2013
Durée :  39′ 57″
Lieu : Studio Rdwa
Réalisation : Louis XXI

Plus que jamais aujourd’hui apparaît l’évidence que le texte, l’image, le son sont libérés du support, du medium sur lequel ils sont stockés.

 

L’information ainsi que la pensée, l’émotion qu’elle provoquent est transmise par le biais d’un medium. Dans le cas de media tels que le livre, le disque, (compact, vinyl, vidéo digital) ou la bande magnétique, la pensée, l’émotion ont été traduites en information et fixées sur un support qui en est le véhicule.

Son essence est libérée de sa substance. Sa matérialité ne saurait être sacralisée*.

 

L’œuvre d’art est l’interface par laquelle l’émotion, la pensée en écho produit de la pensée, de l’émotion. Elle produit et transmet de l’information de manière poétique, offrant une large marge d’interprétation.

 

Le livre et le disque sont les véhicules de la pensée, du son, de l’émotion, il en va de même de l’individu medium de l’humanité.

 

Suspendu est le temps. Nous ne tenons qu’à un fil. Ayons une pensée pour Damoclès et n’oublions pas que la vie ne fait qu’emprunter le véhicule que nous sommes.

*Le changement de destination de ces supports considérés dans leur matérialité ne manquera pas de raviver la vielle querelle opposant ceux qui vénèrent la matérialité à ceux qui s’attachent à l’esprit, de même qu’iconoclastes et iconodoules s’opposaient au regard de la vénération des images religieuses allant jusqu’à les détruire. Le travail sur ces supports, et leur mise à la question pourront rappeler le tripalium, évoquer la censure au passage les autodafés de la censure religieuse et plus proche de notre époque ceux du nazisme qui aurait probablement jugé cet art « dégénéré ». On pourra au passage convoquer l’ecclésiaste « vanitas vanitatum , omnia vanitas » (sic transit Gloria mundi)