Mobilisation citoyenne après les violences du 14 juillet

27 07 14 | Die@mbulation (reportage)

Après le choc et l’émotion ressentis  par une partie de la population suite à la répression de la manifestation contre les caméras de surveillance du 14 juillet à die, des citoyens indignés par ce qui est, il faut le rappeler, les premiers événements violents se passant sur la place publique depuis la fin de la deuxième guerre mondiale dans le Diois, ont décidé de se mobiliser. Après une première réunion publique tenue le 15 juillet pour parler en particulier du sort des deux manifestants interpellés qui risquent des peines de six mois de prison, une autre réunion publique eut lieu au même endroit le 22 juillet. Toujours placée sous le signe de l’émotion et de l’indignation, les personnes présentes, représentant un large spectre de la population du Diois décidèrent après moult débats et propositions diverses de refaire une manifestation le lendemain et de faire un sitting devant la Mairie de Die. Ce mercredi 23 juillet, devant le parvis de la mairie, Mr Trémolet, maire de Die accepta de répondre à leurs questions. Cette émission vous fait vivre ces moments d’émotion et de mobilisation citoyenne.

A la demande de quelque uns, cette émission va être coupée en deux, la première partie sur la réunion de la place de la comtesse mardi 22 juillet et la deuxième sera consacrée avec la rencontre avec Mr trémolet place de la mairie de Die le mercredi 23 juillet

Date : 22.07.14 + 23.07.14
Lieu : Place de la comtesse + place de la mairie de Die
Durée : 2H08’16 »
Prise de sons : Louis XXI & Yves
Réalisation : Louis XXI

Ambiance musicale : La Passionara par Dan Stuart + The Revolution will not be televised par Gil Scott Héron

Deux précisions, la première technique : cette émission est très longue (deux heures). Nous avons souhaité la diffuser malgré sa qualité d’enregistrement variable voire mauvaise pour rendre compte de la profonde émotion ressentie par une partie de la population et des tentatives sans doute maladroites de ces citoyens pour faire en sorte que ce genre de débordements violents, hélas courants ailleurs dans le monde, mais inconnus dans le Diois ne se reproduisent plus ici.

La deuxième précision est un message dédié aux Diois qui loin de condamner les violences policières du 14 juillet, réprouvent le désordre, se méfient de cette frange alternative de la population Dioise, sans doute trop agitée à leurs yeux et n’ont pas apprécié la façon dont RDWA a traité cet événement, pour eux partiale et irrespectueuse des forces de l’ordre. Il n’y a qu’à voir la teneur de certains messages publiés sur la page de l’interview relatant les évènements du 14 juillet ( pour ce faire, consultez les échanges en bas de la page en suivant ce lien Ici ) pour comprendre que les avis sont très partagés (c’est un euphémisme, la violence et l’intolérance y affleure sans faux semblants). On peut même dire sans exagération qu’hélas, si les différences d’opinion sont normales dans une démocratie en bonne santé, le clivage qui se dessine en ce moment entre deux visions du monde fait froid dans le dos tant les opinions radicales exprimées semblent irréconciliables. C’est justement cette radicalisation qui fait peur : Alors que le Diois était en paix depuis 70 ans, la crise prolongée et le manque d’espoir et d’horizons n’offre d’autres perspectives aux citoyens que de se mépriser mutuellement, sans possibilités de communication. Nous rappelons qu’à la fin de l’interview sus-cité, un appel était lancé à Mr le maire, à la sous préfète et au commandant de gendarmerie qui n’ont pas saisi la perche. Aussi réitérons nous cet appel à toutes les personnes en désaccord avec les opinions exprimées sur notre antenne : Vous êtes les bienvenus pour expliquer votre position. RDWA se veut la radio de tous les Diois et même si nous avons nos opinions sur les évènements, nous avons toujours accueilli sur nos ondes ceux qui voulaient s’exprimer, sans exception. Avis aux amateurs !
Par ailleurs, ci-dessous deux lettre d’habitants du Diois qui ont pris la peine d’exprimer leur indignation à Mr Trémolet. La première a été lue d’ailleurs
par Mr Jonathan mais j’ai coupé toute une partie car elle était tout simplement inaudible.

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Monsieur le Maire

 

Je ne me voyais pas rester sans rien exprimer de ce que je ressens des évènements qui se sont déroulés le 14 juillet dernier place de la Cathédrale à Die

Je n’étais pas présent à Die ce jour là. Ce n’est que tard dans la soirée que j’ai été averti par SMS des incidents qui venaient de s’y passer.

Je ne vous cacherais pas, Monsieur le Maire, ma stupéfaction d’apprendre que des citoyens à Die ont été expulsés sans ménagement de la place de la Cathédrale par des unités des PSIG appelées spécialement pour ce faire, alors que vous étiez présent sur les lieux mêmes, d’après ce qui m’a été rapporté.

Dès le lendemain, j’interroge et tente de comprendre la gravité des faits qui vous ont fait prendre une telle décision en ne vous limitant pas à la seule intervention de la Police Municipale renforcée, si besoin était, du peloton de gendarmerie basé à Die.

Le vendredi 18, le JDD relate les faits qui m’ont alors consterné. Au JDD qui vous a contacté, vous avez répondu que vous souhaitiez que les « esprits s’apaisent » pour vous exprimer

Monsieur le Maire, je suis venu à Die pour jouir d’une retraite paisible loin du brouhaha et du tracas des grandes villes. Nous sommes à Die, Monsieur le Maire, une ville que son passé honore, qui a vécu des drames en des temps que j’espérais à jamais révolus.

Le drame d’aujourd’hui, Monsieur le Maire, est que vous ne vous soyez pas fermement opposé à un tel débordement d’une force de police venue de l’extérieur, qui a agi de façon violente et aveugle, quel qu’en soit, à leurs yeux, le bien fondé et les raisons.

Il existe une plaque commémorative à l’angle des rues Émile Laurent et Jean Jaurès qui rappelle le dévouement d’un maire pour ses citoyens qu’il a payé au prix de sa vie.

Vous êtes, Monsieur le Maire, le responsable et le garant de vos administrés ; vous n’avez ni à les mettre en danger ni à provoquer leur colère par la disproportion dans les moyens mis en œuvre à canaliser leur contestation. Leur réaction a été en rapport de ce que vous leur avez opposé comme force de police équipée pour ce faire. Je ne suis donc pas étonné des débordements qui s’en sont suivi, alors que la Police Municipale serait arrivée à « calmer le jeu » sans heurt

Restons sérieux, Monsieur le Maire, la ville de Die n’était pas à ce point en danger, à ce que je sache, pour faire intervenir des unités des PSIG. Vous auriez du tempérer l’ardeur des autorités à vouloir en découdre ce qui n’a servi qu’à dégrader puis envenimer une humeur festive et certes contestataire au départ d’une manifestation informelle. Nous sommes à Die, Monsieur le Maire, dont vous connaissez bien l’esprit frondeur..

Enfin vous taire, Monsieur le Maire, après un tel incident que vous n’avez pas su, ou pas voulu, ou pas pu maitriser, n’est, quant à moi, certainement pas la meilleure solution pour que les esprits s’apaisent. Il vous appartient donc de dire en toute humilité, Monsieur le Maire, que vous déplorez qu’une telle violence policière ait pu avoir lieu, sous vos yeux, dans votre ville.

Recevez, Monsieur le Maire, mes salutations profondément attristées

 

Michel Jonathan habitant du Diois

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Monsieur le Maire de Die,

 

Je connais le Diois depuis 1994, j’ai choisi d’y vivre en 2005 et j’aime ce territoire, au delà de sa géographie, pour son originalité, sa pluralité, ses débats d’idées, sa convivialité, et son « vivre ensemble ». Dans cette ville on se salue, on se sourit et on se regarde sans forcément connaître l’autre, mais avec plutôt ce que je pense être une forme de bienveillance, même si on ne partage pas toujours les mêmes idées.

Ce territoire est un territoire de migration depuis longtemps. Beaucoup de personnes choisissent d’y vivre pour son « climat social et culturel» et ses possibilités d’expressions, plus que pour son attractivité économique. C’est peut être ce qui en fait sa richesse…

Le projet Biovallée® permettant des études actions pour ouvrir de nouveaux champs économiques et sociaux qui, à mon sens, augurent d’une vision futuriste et constructive de la société, est un bel exemple de synergie collective sur l’ensemble de la vallée.

 

Sur ce territoire, les Diois ont régulièrement et depuis longtemps exprimé leurs revendications de façons originales, quelquefois effrontées, souvent amusantes, mais toujours pacifiquement, comme ce fut le cas ce 14 juillet 2014. Vouloir le changer ou pire le réprimer est pour moi une gageure et marque le mépris de son histoire et des hommes qui l’ont façonnés.

 

A ce titre, je m’indigne contre la démonstration de force disproportionnée eu égard au regroupement de personnes pacifistes entonnant des chants révolutionnaires un 14 juillet et habillant quelques platanes de vêtements usagés. Les vidéos prises par des quidams, vous qui tenez à équiper cette ville de caméras, montrent une dizaine de personnes encore présentes à 18h, nullement agressives ni vociférantes, mais par contre une police tenant peut-être à ne pas s’être déplacée pour rien, alors que vous assistiez tranquillement et bras croisés à cette démonstration de force.

 

Mais quelle forme de violence avez-vous fait réprimer ici ? Votre position de premier magistrat de la ville de Die, et au titre de votre poste de maire, d’officier de police judiciaire pouvait vous éviter d’être le premier élu à avoir fait donner la force et employer des gaz lacrymogènes dans cette ville. Cette action fera date pour vous et votre équipe dans l’histoire de la ville au bout de 2 mois de mandature !

 

La règle du jeu des élections vous a donné un pouvoir dont la légitimité aux yeux de la population reste néanmoins discutable au vu des résultats. L’abus de ce pouvoir ne montre en aucune façon un esprit d’ouverture et de prise en compte de ces résultats contrairement à ce que vous avez pu dire lors de votre prise de fonction. Je ne suis en effet pas sûr que vos concurrents eussent réagi de la même manière face à un rassemblement populaire plutôt « bon enfant » et qui plus est un 14 juillet.

 

L’économie, l’argent et la peur de l’autre gouvernent notre société au détriment du bonheur de chacun. Die me semblait être jusqu’à présent un territoire d’exception pouvant servir d’exemple ailleurs. L’élu que vous êtes a je crois une grande responsabilité quant à l’avenir de cette ville, de sa paix sociale et des futures générations qui la composeront. La vie est plurielle et c’est tous ensemble, et seulement tous ensemble, que nous pouvons essayer de proposer et bâtir un avenir plus rayonnant où chacun pourra trouver sa place.

 

Permettez-moi, avec regret au regard des valeurs humaines auxquelles je crois, de ne pas vous saluer pour marquer ma désapprobation avec la politique que vous mettez en place.

 
Thierry MIGNOT, habitant du Diois